Le linge, les livres et les colis

Amener du linge propre et qui sent bon à la personne détenue lui apporte du réconfort. La lecture de livres et de revues permet de s’occuper l’esprit. Ces petites choses aident à garder le moral à l’intérieur des murs, et se sentir plus fort-e face à l’administration pénitentiaire.

Aucun objet ne peut être remis directement aux détenu-es lors des parloirs. Seuls du linge et des livres peuvent être déposés à leur intention aux surveillants. Les règlements varient selon les prisons et les surveillants. Il suffit parfois de persévérer un peu pour réussir à « faire entrer » un objet qu’un premier surveillant avait refusé…

Le linge

Le dépôt de linge suit des réglementations strictes et la moindre erreur suffit pour que les matons le refusent… Les règles varient selon les établissements pénitentiaires, il est donc nécessaire de se renseigner auprès de « l’accueil familles » de la taule en question.

Quand peut-on apporter du linge ?

De façon générale, les règles changent selon qu’on ait ou non un permis de visite. 
En l’absence de permis de visite, le dépôt de linge est autorisé mais limité à un seul dépôt au début de la détention. La durée de ce qui est considéré comme le début de la détention varie selon les établissements : les 15 premiers jours, le premier mois ou les deux premiers mois. Puis, passé le début de la détention, le dépôt de linge sans permis est possible une fois par mois et dans certains cas une fois par semaine. Le dépôt se fait à des jours et horaires précis, le plus souvent communiqués sur le site internet de l’accueil familles.
Après l’obtention d’un permis de visite, le dépôt de linge se fait au moment des parloirs mais peut également se faire à des jours et horaires précis sans parloirs. La plupart du temps il est limité à un tous les 7 jours pour une personne détenue.
Lors du dépôt de linge, une pièce d’identité peut vous être demandée. D’une manière générale, il est toujours plus simple de se munir de ses papiers lorsqu’on se rend dans une prison.

Autorisations et interdictions

Le contenant dans lequel le linge doit être remis suit des règles strictes. Le plus souvent le linge doit être remis dans un sac cabas en plastique de taille standard (L45xl40xp20cm, pas les gros sacs tati), souvent obligatoirement avec une fermeture éclair. Les valises, sacs de sport en tissu, en cuir, avec des poches, et tout autre type de sac que celui précisé par la taule, ne seront pas acceptés. Pour le premier dépôt de linge, il est parfois utile d’avoir plusieurs sortes de sacs pour être sûr de ne pas se le faire refuser (sac sans/avec fermeture, sac avec coutures, sac trop grand, sac opaque, etc.). Dans certaines prisons il est possible d’acheter des sacs sur place à l’accueil familles.
Une fois le sac choisi, il faut inscrire dessus le nom du détenu, son numéro d’écrou et éventuellement son numéro de cellule. Des taules exigent que soit remis un inventaire papier détaillé du contenu du sac au moment du dépôt. Généralement c’est un formulaire téléchargeable sur le site de l’accueil familles qu’il faut remplir. Il est conseillé de faire un double de cette liste, au cas où des affaires soient perdues. Vous pouvez scotcher l’une de ces listes directement sur le sac. 
Les sacs de linge sont fouillés et passés aux rayons X. Faites attention de ne rien oublier dans les poches des vêtements (argent, papier, etc.) : vous pourriez être soupçonné-es de « tentative d’intrusion d’objet », le linge risque de ne pas être remis à votre proche et vous risquez de perdre votre parloir du même coup. Par ailleurs, vous n’avez pas le droit de joindre un courrier au linge. 
Pour chaque taule l’accueil familles communique une liste du linge autorisé et en quelle quantité. Le plus souvent sont interdits les habits ressemblant à la tenue des surveillants (pantalons bleu marine et chemises bleu clair, la couleur bleue est parfois tout simplement interdite, ainsi que parfois la couleur kaki), les vêtements pouvant permettre de dissimuler le visage (sweats à capuche, cagoules), les vêtements pouvant protéger des blessures par barbelés (en cuir ou de grosse épaisseur), les chaussures munies d’une structure métallique (tige, boucles, etc), les couettes. 

Quelques conseils

N’oubliez pas d’apporter des vêtements confortables, des sous-vêtements et des chaussettes. Et aussi, en hiver, tout ce qui tient chaud : manteaux, écharpes, gants, bonnets ou robes de chambre. Dans certains établissements, les écharpes, les gants (s’ils sont doublés ou en cuir, par exemple) ou les bonnets sont interdits, ou alors il est nécessaire d’obtenir une autorisation de la direction pour les amener.
Vous pouvez apporter des serviettes de toilette (pas trop grandes), des gants de toilette, des mouchoirs ou des serviettes de table. Les rideaux et les draps sont parfois autorisés. Les tongs sont très pratiques pour aller à la douche. Et les peignoirs sont généralement autorisés.
En prison, on perd vite l’odorat et l’odeur du linge propre est un bonheur. Vous pouvez vaporiser du parfum (le vôtre ou un autre) sur un vêtement.
Vous pouvez également proposer à votre proche de lui apporter, pour son procès, des vêtements plus habillés que ceux qu’il ou elle porte habituellement.

L’entretien du linge

La plupart des établissements pour peines disposent de laveries, avec un système de jetons à acheter en cantine. Dans les maisons d’arrêt, par contre, les détenu-es doivent généralement laver leur linge à la main (en cellule ou dans les douches).
Dans chaque prison, les détenu-es peuvent demander à leurs proches de récupérer du linge sale à la fin des parloirs afin que ces dernier-es s’occupent de le laver.

Les livres et les revues

Il est possible de déposer des livres pour une personne incarcérée selon les modalités détaillées par le règlement intérieur et sur autorisation du directeur. Les détenu-es doivent en principe faire une « demande d’autorisation » pour faire entrer des livres. C’est au vu de cette autorisation, remise aux surveillants des parloirs, que les livres peuvent être déposés. En pratique, il suffit souvent juste de déposer les livres, en même temps que le linge par exemple.
Il n’y a généralement pas de censure sur la nature des livres apportés : sont autorisés ceux « n’ayant pas fait l’objet d’une saisie dans les trois derniers mois et ne contenant aucune menace précise contre la sécurité des personnes et celle de l’établissement ». Il y a souvent davantage de problèmes avec les livres en langue étrangère, dont la vérification du contenu peut prendre du temps.
Officiellement les revues et journaux que vous pouvez apporter sont uniquement ceux qui ne sont pas cantinables. Il faut donc vérifier auprès de la prison. Vous pouvez par contre abonner votre proche à des journaux et revues. Certaines prisons acceptent l’envoi de livres s’il est effectué directement par l’éditeur ou par une librairie par correspondance (sur Internet).

Les colis

L’envoi de colis aux détenu-es est interdit. Mais il est exceptionnellement possible d’envoyer un colis, si la personne enfermée n’a pas eu de parloir depuis au moins 3 mois et que le directeur donne son accord.
Au moment des fêtes de fin d’année, pendant environ un mois, il est possible de déposer à la prison (ne pas l’envoyer par la Poste sauf si cela est demandé par la prison de votre proche !) un colis de nourriture.
Si vos ressources sont insuffisantes pour acheter vous-mêmes de quoi constituer un colis ou que vous ne pouvez pas vous déplacer, adressez-vous à la Croix-Rouge ou au Secours Catholique, qui distribuent bénévolement des colis. Renseignez-vous auprès du SPIP, du service des parloirs ou des bénévoles de l’accueil de la prison.
Le règlement intérieur fixe le poids maximum, en général 5kg, la liste des aliments autorisés et la procédure de remise de ce colis. Il est possible de diviser en deux colis n’excédant pas un poids total de 5kg (2,5kg chacun par exemple), il faut toujours bien se renseigner sur les dispositions propres à l’établissement.
Généralement, les produits avec de l’alcool sont interdits (dont les chocolats à la liqueur). Selon les prisons, ce sont les piments, les viandes en sauce, les sachets de thé ou les fruits qui peuvent être interdits. Il faut fréquemment dénoyauter les fruits secs (comme les dattes ou les pruneaux) et pré-découper certains aliments comme les fromages (afin d’éviter que les surveillants ne le fassent de façon probablement moins délicate que vous). Utilisez des récipients en plastique et du film transparent (pas du papier aluminium) pour emballer les denrées : les sacs de congélation sont très pratiques.
Effectuer le dépôt du colis à la prison nécessite souvent beaucoup de patience. Il y a généralement plus de monde que d’habitude et les contrôles des colis prennent beaucoup de temps. Mais pensez au plaisir de votre proche lorsqu’il ou elle goûtera les bonnes choses que vous lui apportez et que vous avez peut-être vous-même cuisinées !

Les autres objets

Pour le matériel médical, par exemple des lunettes ou des prothèses auditives, il faut prendre contact avec les médecins de la prison.
Vous ne pouvez pas apporter de radios ou d’ordinateurs : les détenu-es doivent les cantiner. Par ailleurs l’échange de ces appareils entre détenu-es n’est pas autorisé. En revanche il est possible de déposer des CDs si la personne a un lecteur CD. Il faut toujours que le CD soit emballé sous blister.
Les aumônier-es (chrétien-nes, musulman-nes ou juif-ves) peuvent remettre aux prisonnier-es des livres et objets rituels (chapelet, tapis de prière, kippa, par exemple). À l’occasion des différentes fêtes religieuses, des denrées rituelles peuvent également être vendues en cantine. Pour les fêtes de l’Aïd el-Fitr et de l’Aïd el-Kebir, les détenu-es musulman-es peuvent recevoir des colis des imams. Pour les personnes juives, c’est à l’occasion de Pessa’h, de Rosh-ha-Shana et de Yom Kippour, que les aumônier-es israélites peuvent leur remettre des denrées rituelles. Pour les chrétien-es, il est courant que du chocolat soit offert à Pâques et à Noël par les aumôniers catholiques et protestants.