Les principaux lieux de détention

Les Maisons d’Arrêt ( MA )

Les maisons d’arrêt (MA) sont les établissements où sont enfermé-es les personnes en attente d’un jugement dites « prévenu-es* » (entre 3 jours, le temps d’une comparution immédiate reportée, et plusieurs années, le temps d’une instruction ou d’un appel pour les assises) et les condamné-es dont la peine est inférieure ou égale à deux ans. Il peut s’agir d’un établissement en soi ou d’un quartier au sein d’un centre pénitentiaire* comprenant d’autres établissements (centre de détention ou établissement pour mineur-es par exemple). Il y a au moins une maison d’arrêt ou un quartier maison d’arrêt par département, souvent dans les villes préfectures ou sous-préfectures. En théorie, il n’y a pas de nombre de places limitées en MA, l’administration pénitentiaire doit trouver une place pour chaque prisonnier-e qui y est envoyé-e. C’est dans ces établissements que les détenu-es sont souvent enfermé-es à 3 ou 4 dans des cellules* prévues pour 1 ou 2 personnes. En MA, la personne est enfermée en moyenne 22 heures par jour en cellule. Elle peut sortir pour aller en promenade* une ou deux fois par jour selon les prisons ou pour aller en activité ou au parloir. Elle n’a pas les clefs de sa cellule et toute sortie (appelée « mouvement ») est donc soumise au bon vouloir des surveillants.

En cas de condamnation à une peine supérieure à deux ans, les personnes enfermées doivent pouvoir, à leur demande, obtenir leur transfèrement* dans un établissement pour peine dans un délai de neuf mois à compter du jour où la condamnation est devenue définitive, sauf si un aménagement de peine est susceptible d’arriver rapidement. Cependant, en raison des retards dans l’affectation en établissement pour peine, beaucoup de condamné-es à des peines plus longues sont en MA. Exceptionnellement, peuvent être transféré-es en maison d’arrêt des condamné-es détenu-es en centre de détention* ou en maison centrale dont le reliquat de peine restant à subir est inférieur à un an.

Les établissements pour peine

Pour les condamné-es, il existe plusieurs sortes d’établissements pour peines.
Les centres de détention (CD) ou les quartiers centre de détention (QCD) reçoivent des personnes condamnées à plus de deux ans, avec un régime censé être orienté vers la préparation de leur sortie. En 2025, il existe 27 centres de détention et plus de 40 quartiers « centres de détention » en France. Généralement, les personnes enfermées sont seules en cellule. Dans certains centres de détention, les portes des cellules sont ouvertes une partie de la journée et les personnes détenues peuvent circuler à l’intérieur d’une partie de la prison.
Les maisons centrales (MC) ou les quartiers maison centrale (QMC) reçoivent des condamné-es à de longues peines et les détenu-es que l’administration pénitentiaire juge « difficiles » ou « dangereux ». Il n’y pas de MC pour les femmes, le centre de détention pour femmes (CDF) de Rennes fait office de. Dans les MC, le régime de sécurité y est renforcé. Les portes des cellules restent fermées et les sorties sont accompagnées de matons.
Il existe 6 maisons centrales et 7 quartiers « maisons centrales » situées à Saint-Martin de Ré (Charente-Maritime), Arles (Bouches-du-Rhône), Clairvaux (Aube), Poissy (Yvelines), Saint-Maur (Indre), Ensisheim (Haut-Rhin), Condé-sur-Sarthe (Orne), Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), Château-Thierry (Aisne), Valence (Drôme), Moulins (Allier), Sud-Francilien Réau (Seine-et-Marne), Lannemezan (Hautes-Pyrénées). Depuis 2025, il existe également deux prisons dites « de haute sécurité », à Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe, avec des quartiers spécifiques pour enfermer des personnes accusées de narcotrafic, dans des conditions de détention particulièrement dures du fait d’un isolement constant.

Les prisons pour femmes

Environ 70 établissements pénitentiaires reçoivent des femmes sur les près de 200 prisons françaises. Si les prévenues ne sont pas incarcérées dans l’une des trois maisons d’arrêt pour femmes (MAF*) – Fleury-Mérogis, Versailles et Rennes –, elles sont placées dans des quartiers spécifiques au sein de prisons d’hommes. Il n’existe aucun établissement mixte. Il y a 5 CD en métropole avec un quartier réservé aux femmes (CDF) : Réau, Roanne, Poitiers Vivonne, Bapaume et Joux-la-Ville. Il y a aussi un CD uniquement réservé aux femmes à Rennes. Les femmes sont donc souvent enfermées loin de chez elles.
Comme elles sont souvent en sous-effectif par rapport aux quartiers hommes surpeuplés, et qu’elles sont considérées comme moins revendicatives et/ou dangereuses, elles ont moins accès aux activités et au terrain de sport. Elles ne sont encadrées au quotidien que par des surveillants de sexe féminin (même si celles-ci peuvent faire appel exceptionnellement à leurs collègues hommes).

Les établissements pour mineur-es

Les mineur-es en prison ne sont pas enfermé-es avec les adultes. Il existe des établissements spécifiques : les centres éducatifs fermés (CEF), les centres d’éducation renforcée (CER) et les établissements pénitentiaires pour mineur-es (EPM). Certaines maisons d’arrêt comprennent aussi des quartiers pour mineur-es.